Blanche déesse

La blanche écume de ma parure

De mon visage doux comme neige

Je la dois à des doigts vaillants et purs

Qui sculptent , façonnent , courbent et allègent


Sans un bruit j’apparais

Vêtue de blanc, poudrée de diamants

Je me dérobe telle la plume, de givre je suis parée

Immaculée comme le flocon, je suis un lys , un lys blanc .


Tout là-haut les nuages me regardent aussi

Ils envient la pureté de ma candeur ouatée

Et chuchotent -captivés-: « quelle douce Ophélie!»

Je relève la tête auréolée de clarté .


Déesse de cire , au visage parfait

De mes doigts je dessine ton visage translucide

Sylphe ingénue, reine des vallées

De mon souffle je caresse ton coeur invisible

Blanche comme une nacre fragile

Un parfum de nuances , une saveur contrastée

Blanche comme une page immaculée

Une poussière d ‘étoile , le sable de ton île


N ‘es -tu pas le miroir de nos âmes apeurées

Quand la mort - impassible- voile pour l’éternité

De son linceul de marbre nos vies si agitées ?


N’es-tu pas l’écho de nos enfances

Aux rires déployés , passions inachevées

Qui chantonnent au vent , craignant nulle croyance?

Oui tu es de celles qui savent immortaliser

Et tu fredonnes encore : «elles sont à jamais» ... blanches déesses de nos enfances ressuscitées .


Aude Berger Pour Kathleen

fairy